29.03.2008
La Babayaga
Cette adorable vieille femme est connue pour son appétit pour la chair humaine, de préférence infantile. Pour ce faire la BabaYaga enfourne ses victimes dans un four à l’aide d’une pelle. Cependant avant de se repaître de ses invités notre sorcière russe leur offre d’abord le couvert ainsi qu’un bain et écoute leur histoire.

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06.03.2008
Sacré Poil
Principaux protecteurs contre le froid et symbole de la virilité masculine les poils font partie du lot quotidien des humains. Que ce soit pour des principes hygiéniques, religieux, esthétiques voire érotiques nous leur en faisons voir de toutes les couleurs et ce depuis des siècles. Petit tour d’horizon du poil dans les différentes cultures.
Hommes :
En Occident poils et religion font plutôt bon ménage. Les puritains qualifient l’épilation de péché. En effet la toison pubienne cache les organes génitaux, les enlever revient donc à dévoiler la source de la luxure, péché capital.
Rappelons nous de Samson le personnage biblique. Le jeune homme était doué d’une force surhumaine qui résidait dans sa longue et abondante chevelure. Il perdit sa force quand Dalila, figure tentatrice les lui coupa. Y voyez vous un quelconque symbolique sexuelle ??
Aux Etats-Unis dans les années 50, revirement de situation : les poils c’est la sexualité, la sexualité c’est le mal, les poils c’est le mal, zou à la tondeuse.
Dans l’islam on recommande aux hommes de porter la barbe. Et cela pour distinguer les hommes des femmes.
Pour la religion juive, à trois ans un enfant doit couper ses cheveux pour la première fois en laissant deux mèches sur les tempes. Après cette cérémonie l’enfant peut dire les bénédictions du matin et après les repas… Elle marque le début de l’enfant qui se détache de ses parents (période du « non », résolution du complexe d’Œdipe..)..
Les représentations de Dieu montrent un vieil homme à la barbe grisonnante et abondante, de la célébrissime représentation de Michael Ange aux caricatures actuelles l’image n’a pas changé. Quant au Christ les multiples croix présentent dans nos églises parlent d’elles mêmes : un barbu. Pour le dernier élément de la Trinité la question est plus délicate.
Certaines tribus gauloises pensaient que porter les cheveux longs les rendait plus fortes.
Femmes :
Le voile est le symbole le plus fort de l’image de la chevelure féminine qu’ont les hommes. Il apparaît dans la Bible, avant l’avènement de l’islam :
Bible, Nouveau Testament, Première épître de Paul aux Corinthiens, chapitre 11, verset 17 (traduction Louis Segond)
13. Jugez-en vous-mêmes : est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée ?
14. La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter de longs cheveux,
15. mais que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme voile ?
Dan le monde grec antique les femmes dites convenables se voilent pour sortir.
Le voile musulman tend plus à préserver la dignité des femmes qu’à protéger leur pudeur. Il ne traite pas précisémment des cheveux mais de la poitrine et « des atours » féminins.
Restons dans l’islam et parlons de poils plus intimes que la chevelure.
L’islam enseigne des règles d’hygiène corporelles comme l’épilation du pubis et des aisselles. Pour les jeunes mariés l’épilation intégrale féminine est un rituel avant la nuit de noces. C’est une tradition ancienne transmise de mères en filles (sans obligation religieuse).
Au Soudan, le doukhan, rituel de préparation amoureuse, comprend une étape, le halawa qui consiste en l’épilation intégrale de la femme. Notons le nom trompeur de la chose qui littéralement signifie « sucreries » ou « douceurs ».
Hommes ou femmes nous voyons que pour beaucoup d’entre nous le diktat du poil est bel et bien ancré ! Virilité exacerbée, sensualité révélée ou sexualité refoulée le poil ne laisse pas indifférent…
22:02 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poil, poils, pilosité, coutume, épilation, barbe, islam
05.02.2008
Danse orientale et rites de fertilité
La danse orientale est considérée comme la plus ancienne des danses. Elle est apparue dans les cultures orientales, indiennes et du moyen orient ancestrales. Elle existe donc depuis l’Antiquité. On trouve d’ailleurs des femmes danser pour invoquer les dieux sur des gravures anciennes. Parmi les dieux invoqués Hathor, déesse de la fertilité.
Selon certaines théories la danse orientale serait la survivance d’anciens rites de fertilité dédiés à la déesse Mère dans les sociétés matriarcales. Les mouvements de hanche et de bassin reproduiraient de manière symbolique les mouvements de « la conception » ainsi que ceux de l’enfantement. La danse orientale est une glorification de la maternité. Elle représente le mystère de la conception de la vie. On célèbre le renouveau de la nature au printemps. On symbolise la souffrance et la joie de la naissance.
La danse orientale est par certains côtés une réminiscence des cultes de la Déesse Mère, de l’époque où les femmes étaient sacrées de part leur capacité à concevoir. La danse orientale est la célébration de la femme-mère, de celle qui enfante.
Aujourd’hui la danse orientale existe toujours. Elle a perdu de son statut sacré dans les cultures occidentales où on a seulement retenu le côté sensuel de la chose.
Pourtant dans l’est du bassin méditerranéen les femmes ont continué à apprendre à danser, entre elles, simplement par la transmission orale entre générations.

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17.01.2008
Le symbolique du corbeau
Comme certains le savent déjà, la symbolique animale c’est mon dada.
Le charmant volatile dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui est le corbeau (oui c’est dans le titre). La bestiole au plumage noir que je considère comme étant un de mes totems (ça fera certainement sourire certains de voir que je place un symbole éminent de l’orgueil dans la société occidentale dans mes totems…).
I) Le corbeau : c’est maaaal
En occident le corbeau est un mal aimé. Il faut dire que la Bible l’a maltraité. Le corbeau aurait été envoyé par Noé pour chercher la terre après le Déluge. Chose que l’animal bien trop occupé n’a pas faite, ce qui lui laissera une vilaine réputation de jouisseur (ouh le méchant ?). Saint Golowin ( ?) raconte qu’originellement les corbeaux avaient des ailes multicolores mais qu’après le malencontreux épisode Adam et Eve ils ont commencé à se nourrir de charognes et perdirent donc leurs couleurs pour devenir noirs (mais comme dans la Bible tout finit bien ils retrouveront leurs couleurs après à la fin des temps et leurs croassement se mueront en chants harmonieux à la louange de Dieu…).
Au Moyen-âge la réputation de l’animal ne s’arrange pas, on imagine qu’il néglige ses petits et comme il se nourrit de charognes on voit en lui un mauvais présage.
Fut un même un temps où l’on croyait que les corbeaux pondaient leurs œufs par le bec ! A cause de cette croyance on les éloignait des femmes enceintes pour leur éviter de trop souffrir…
Restons en occident. La civilisation celte n’a pas une vision très positive non plus de notre ami. La nécrophagie de l’animal lui vaut d’apparaître dans les métaphores celtes. Ainsi on dira « le corbeau t’a percé » pour signifier « tu es mort » (en poésie - galloise – évidemment, on s’adresse peu aux morts si ce n’est en prière). On pense à cette époque et en ces lieux que le corbeau accompagne le soleil dans sa course nocturne (aux enfers). Il représente le mal et s’oppose au cygne symbole de pureté.
Changeons un peu de lieu. En Inde, dans le Mahâbhârata, les messagers de la mort sont comparés à des corbeaux. Au Laos les eaux souillés par les corbeaux sont considérées comme impures et donc impropres aux aspersions rituelles. Enfin à Babylone le corbeau a donné son nom au treizième mois de l’année et a une valeur très négative.
Plus proche nous, en Grèce, le corbeau trop bavard a été remplacé par une chouette auprès d’Athéna. Chargé par Apollon d’aller chercher de l’eau l’anima a préféré regarder des figues mûrir et sera puni pour sa désobéissance et son égoïsme. Zouuuu, dans les constellations. Mais s’il brille de l’honneur d’être dans les astres il est placé près de la constellation de l’Hydre qui l’empêchera de boire…
II) Le corbeau : c’est pas le maaal
Oui, il mange des charognes, oui il est tout noir et ça fait peur aux enfants, oui on a connu mieux comme cris que le croassement… mais le corbeau c’est d’abord et avant tout le symbole du messager des dieux.
Retournons en Grèce, le corbeau aurait prévenu Apollon des infidélités de la nymphe Coronis. C’est de là que proviendrait son image de messager (et de rapporteur..). Si l’on en croit Ovide le corbeau était à l’origine blanc, Apollon, mauvais joueur, aurait puni le volatile en le faisant devenir noir.
Dans la mythologie scandinave, deux corbeaux, Pensée et Souvenir (Hugi et Munni) font le tour du monde et préviennent Odin de tous les évènements qui s’y produisent.
En Afrique noire, le corbeau prévient les Hommes des dangers qui les menacent, il est à la fois un guide et un protecteur.
Le corbeau, dans le culte mithraïque, est chargé par Sol, le dieu Soleil; de transmettre à Mithra l'ordre de sacrifier le taureau.
Chez les Mayas il est le messager du dieu de la foudre et du tonnerre.
Au Japon également les corbeaux sont des messagers divins.
En Chine ils sont les messagers de la déesse des fées Hsi-Wang-Mu à qui ils apportent sa nourriture. Ils sont de bon augure. Dans ces deux pays le corbeau est un symbole de gratitude filiale. En effet le corbeau nourrit ses parents ce qui le rapproche de la tradition de ces deux sociétés. En Chine toujours, il est considéré comme un oiseau solaire. Ce sont 10 Corbeaux qui se sont envolés du mûrier du levant pour apporter la lumière au monde, mais 9 furent abattus par Yi le Bon Archer afin d'éviter que le monde ne soit consumé.
III) Les symboles plus neutres…
Dans la littérature alchimique le corbeau est associé à la phase de putréfaction ainsi qu’à la matière du noir aussi appelée « materia prima ». On appelle cette matière « Tête du Corbeau ». Elle est lépreuse, il faut la blanchir en la lavant sept fois dans les eaux du Jourdain. C’est pourquoi on la représente sous la forme d’une tête blanche.
Le Corbeau est aussi un symbole de la solitude, de la retraite volontaire, c'est-à-dire de l'isolement destiné à atteindre un niveau de conscience supérieur. il est aussi un symbole de l'espoir, son croassement répétitif voulant dire "demain, demain" en latin.
Conclusion
L’oiseau noir comme on l’a vu a une connotation à la fois positive et une connotation négative.
Positive chez les peuples nomades, chasseurs, pêcheurs, négative chez les peuples plus sédentaires, agriculteurs.
Il symbolise le côté sombre de chacun qui peut se transformer à tout moment pour devenir positif. Cette transformation s’opère sitôt qu’on en prend conscience et qu’on l’intègre.
Pour finir l’expression irlandaise « avoir la sagesse du corbeau » signifie avoir la connaissance suprême.

20:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : symbolique animale, corbeau, symbolique du corbeau, symbole, symboles
21.12.2007
La cérémonie du thé
Les différents rituels
Une des cérémonies les plus connues : le Five O’ Clock so british de nos amis anglais. Née de la révolution industrielle qui en reculant l’heure du dîner a rendu nécessaire cette petite pause, ce rituel est d’abord et avant tout un moment de convivialité.
Le samovar est un rituel russe. Ce nom désigne une bouilloire dotée d’un foyer à braise. Cette cérémonie est le symbole de l’hospitalité russe et du lien entre les hommes.
Le chung (ou zhong), pratique chinoise. On utilise une tasse sans anse avec un couvercle et une soucoupe profonde.
La cérémonie d’Afrique du Nord, thé vert à la menthe est d’inspiration musulmane. Elle s’adapte à celui qui l’a fait, sa personnalité, son mode de vie. On note cependant quelques éléments récurrents : du thé vert Gunpowder de Chine, de la menthe Nana du Maroc (ou de l’absinthe pendant l’hiver et quelque fois de la sauge, de la verveine, de la marjolaine, du basilic ou de l’ambre) et beaucoup de sucre de canne en pain.
Le gong fu Cha est une cérémonie d’origine chinoise/coréenne d’inspiration taoïste. On y utilise de petites tasses ainsi qu’une petite théière. Trois infusions sont préparées (une minute, une à trois minutes et cinq minutes).
Encore plus à l’est, au Japon, existe le Chanoyu, sujet de cet article.
Le Chanoyu
Bref historique
Etymologiquement Chanoyu désigne l’eau du thé, cependant le terme est utilisé pour désigner la cérémonie en elle-même. Celle-ci peut également être appelée chano ou sado.
A l’origine ces cérémonies étaient réservées aux maisons de thé mais vers le XVe siècle le rituel fut modifié en profondeur. Tout luxe inutile fut abandonné pour prôner l’abandon de l’apparence et se rapprocher de la simplicité. Le but étant de se concentrer sur la valeur intrinsèque des choses.
Les lieux
Trois possibilités pour organiser une cérémonie du thé. La première dont j’ai déjà parlé : les maisons de thé (Chaya ou chamise). Ce terme désigne des établissements permettant aux voyageurs de se reposer tout en buvant (du thé bien évidemment) et en mangeant une confiserie.
Deuxième solution : le cha no ma, une pièce de la maison dans laquelle on reçoit les invités et où l’on sert le thé.
Enfin la dernière possibilité Chashitsu. Ce bâtiment servant à la cérémonie du thé est un petit pavillon isolé se trouvant dans un jardin spécialement aménagé. Il est censé favoriser la méditation et évacuer toutes pensées « futiles ».
Le cérémonial
Durant la cérémonie deux types de thé seront servis avec quelques confiseries.
Les invités doivent prendre le soin d’examiner les ustensiles utilisés par leur hôte afin de pouvoir les commenter au bon moment.
A noter : selon le degré de formalité de la cérémonie il faut entre 75 et 300 mouvements pour la conduire !
Chacun doit soigner la discussion, éviter les sujets sensibles. Les invités doivent traditionnellement louer le décor, les meubles etc etc… le tout ayant été choisi avec soin par l’hôte.
Le rituel peut durer jusqu’à 5heures.
Il existe des écoles de cérémonies de thé…
Je ne décrirai pas ici la totalité de la cérémonie, trop complexe pour être bien retranscrite.
Je pense que la seule façon de comprendre la chose et l’intensité du moment est d’en vivre une.
Je vous invite donc à lire le récit d’une personne l’ayant vécu de l’intérieur :
http://stampf.lutin.free.fr/the/musee_the.htm
Pensez-vous que ce type de cérémonie est amené à disparaître ?
Avez-vous déjà participé à ce type d’évènement ?

16:50 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : culture, thé, cérémonie, cérémonie du thé, japon, chanoyu



