06.03.2008

Sacré Poil

Principaux protecteurs contre le froid et symbole de la virilité masculine les poils font partie du lot quotidien des humains. Que ce soit pour des principes hygiéniques, religieux, esthétiques voire érotiques nous leur en faisons voir de toutes les couleurs et ce depuis des siècles. Petit tour d’horizon du poil dans les différentes cultures.

 

Hommes :

 

En Occident poils et religion  font plutôt bon ménage. Les puritains qualifient l’épilation de péché. En effet la toison pubienne cache les organes génitaux, les enlever revient donc à dévoiler la source de la luxure, péché capital.

Rappelons nous de Samson le personnage biblique. Le jeune homme était doué d’une force surhumaine qui résidait dans sa longue et abondante chevelure. Il perdit sa force quand Dalila, figure tentatrice les lui coupa. Y voyez vous un quelconque symbolique sexuelle ??

Aux Etats-Unis dans les années 50, revirement de situation : les poils c’est la sexualité, la sexualité c’est le mal, les poils c’est le mal, zou à la tondeuse.

 

Dans l’islam on recommande aux hommes de porter la barbe. Et cela pour distinguer les hommes des femmes.

Pour la religion juive, à trois ans un enfant doit couper ses cheveux pour la première fois en laissant deux mèches sur les tempes. Après cette cérémonie l’enfant peut dire les bénédictions du matin et après les repas… Elle marque le début de l’enfant qui se détache de ses parents (période du « non », résolution du complexe d’Œdipe..)..

Les représentations de Dieu montrent un vieil homme à la barbe grisonnante et abondante, de la célébrissime représentation de Michael Ange aux caricatures actuelles l’image n’a pas changé. Quant au Christ les multiples croix présentent dans nos églises parlent d’elles mêmes : un barbu. Pour le dernier élément de la Trinité la question est plus délicate.

Certaines tribus gauloises pensaient que porter les cheveux longs les rendait plus fortes.

 

Femmes :

 

Le voile est le symbole le plus fort de l’image de la chevelure féminine qu’ont les hommes. Il apparaît dans la Bible, avant l’avènement de l’islam :

 

Bible, Nouveau Testament, Première épître de Paul aux Corinthiens, chapitre 11, verset 17 (traduction Louis Segond)

13. Jugez-en vous-mêmes : est-il convenable qu'une femme prie Dieu sans être voilée ?
14. La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c'est une honte pour l'homme de porter de longs cheveux,
15. mais que c'est une gloire pour la femme d'en porter, parce que la chevelure lui a été donnée comme voile ?

 

Dan le monde grec antique les femmes dites convenables se voilent pour sortir.

Le voile musulman tend plus à préserver la dignité des femmes qu’à protéger leur pudeur. Il ne traite pas précisémment des cheveux mais de la poitrine et « des atours » féminins.

 

Restons dans l’islam et parlons de poils plus intimes que la chevelure.

L’islam enseigne des règles d’hygiène corporelles comme l’épilation du pubis et des aisselles. Pour les jeunes mariés l’épilation intégrale féminine est un rituel avant la nuit de noces. C’est une tradition ancienne  transmise de mères en filles (sans obligation religieuse).

 

Au Soudan, le doukhan, rituel de préparation amoureuse, comprend une étape, le halawa qui consiste en l’épilation intégrale de la femme. Notons le nom trompeur de la chose qui littéralement signifie « sucreries » ou « douceurs ».

 

 

 

Hommes ou femmes nous voyons que pour beaucoup d’entre nous le diktat du poil est bel et bien ancré ! Virilité exacerbée, sensualité révélée ou sexualité refoulée le poil ne laisse pas indifférent…